Schoum existe depuis 1926 et des millions de Français y ont eu recours pour soutenir leur foie au changement de saison. Puis, du jour au lendemain, les boîtes ont disparu des rayons. Voici exactement ce qui s’est passé – et ce que vous pouvez faire aujourd’hui.
Un retrait volontaire, pas une interdiction sanitaire
La confusion est fréquente, alors précisons-le d’emblée : aucune autorité sanitaire n’a interdit Schoum. L’ANSM n’a émis aucun rappel d’urgence, aucune décision de suspension, aucun signalement de toxicité grave. Le produit n’a pas été retiré parce qu’il était dangereux.
C’est le laboratoire Les Trois Chênes lui-même qui a décidé d’arrêter la commercialisation de l’ancienne formule. Une décision économique et réglementaire, pas sanitaire. Cette distinction compte : elle change complètement la lecture que vous pouvez faire de ce retrait.
Pourquoi les nouvelles règles européennes ont eu raison de l’ancienne formule?
Depuis 2017, les exigences européennes applicables aux médicaments à base de plantes se sont sensiblement durcies. Pour maintenir une autorisation de mise sur le marché, un laboratoire doit désormais fournir des études cliniques récentes, garantir une traçabilité complète des matières premières végétales tout au long de la chaîne d’approvisionnement, et tenir à jour un dossier de pharmacovigilance.
Ces obligations existaient déjà sous une forme allégée, mais leur niveau d’exigence a franchi un palier que beaucoup de petits laboratoires peinent à absorber financièrement. Reconstituer un dossier clinique complet pour un médicament de phytothérapie commercialisé depuis près d’un siècle représente un investissement considérable – sans garantie de retour sur investissement sur un marché de niche.
En 2021, Les Trois Chênes a acté qu’il ne pouvait pas financer cette mise en conformité. Plutôt que d’engager des millions d’euros dans des études cliniques pour maintenir le statut médicament, le laboratoire a choisi de reformuler le produit et de le repositionner comme complément alimentaire, soumis à des règles moins contraignantes.
Composition : ce qui a changé entre l’ancienne et la nouvelle version

L’ancienne formule était un médicament de phytothérapie à base d’alcool à 40 %. Elle contenait par dose : fumeterre 17,3 mg, bugrane 19,7 mg, piscidia 2,7 mg, dipropyline 1,7 mg et du sorbitol comme excipient principal (5 957 mg). Un profil assez concentré, avec une plante – la piscidia erythrina – qui n’a pas survécu à la transition.
La piscidia a été retirée de la formule pour une raison précise : elle est absente de la liste européenne des plantes à usage traditionnel reconnu. Sans cette inscription, impossible de la maintenir dans un produit commercialisé légalement en Europe, qu’il soit médicament ou complément alimentaire.
La nouvelle solution buvable (complément alimentaire) affiche une composition radicalement différente :
- Eau
- Extraits aqueux de fumeterre, bugrane et bardane
- Miel et fructose
- Arôme naturel de citron (0,8 %) et de menthe (0,1 %)
- Extrait de chicorée
- Acide citrique, sorbate de potassium, benzoate de sodium
La bardane et la chicorée ont été ajoutées – deux plantes reconnues pour leur action sur le confort digestif et le drainagé hépatique. L’alcool a disparu, ce qui rend la nouvelle version accessible aux personnes qui devaient éviter l’ancienne pour ce motif.
Posologie : comment prendre le nouveau Schoum selon son format?
La nouvelle gamme existe sous trois formats, avec des posologies distinctes. Si vous veniez de l’ancienne version, le repère de 15 ml deux à trois fois par jour avant les repas ne s’applique plus directement.
| Format | Posologie recommandée |
|---|---|
| Solution buvable (complément alimentaire) | 25 ml par jour dilués dans 150 ml d’eau, de préférence en dehors des repas |
| Ampoules Schoum Digestion | 1 ampoule par jour |
| Comprimés Schoum Digestion | 2 comprimés par jour en une seule prise avec un verre d’eau |
L’ancienne solution buvable se prenait à raison de 4 cuillères à soupe une à deux fois par jour chez l’adulte, 2 cuillères à soupe chez l’enfant. La cure typique durait trois semaines, souvent calée sur les changements de saison. Cette logique de cure courte reste valable avec la nouvelle formule.
Contre-indications à connaître avant de commencer une cure
La nouvelle formule est un complément alimentaire, mais cela ne signifie pas qu’elle convient à tout le monde sans précaution. Deux situations imposent de ne pas l’utiliser :
- Obstruction des voies biliaires : les plantes à action cholérétique (qui stimulent la production de bile) sont contre-indiquées dès lors que l’écoulement biliaire est bloqué – calculs, sténose ou compression des canaux biliaires.
- Insuffisance hépatocellulaire grave : un foie sévèrement atteint dans ses fonctions cellulaires ne doit pas être sollicité davantage par une cure drainante.
En dehors de ces deux contre-indications formelles, la prudence s’impose aussi pendant la grossesse et l’allaitement, comme pour la grande majorité des compléments à base de plantes. Une cure reste une cure : elle se prend sur une courte période, pas en continu au long cours.
Avis et retours d’utilisateurs sur l’ancienne et la nouvelle formule

Le passage du statut médicament à complément alimentaire a créé une vraie fracture chez les utilisateurs fidèles. Sur les forums de santé naturelle et dans les commentaires des pharmacies en ligne, le même constat revient : l’ancienne formule était perçue comme plus efficace, avec un effet ressenti plus rapide, souvent dès la première semaine de cure.
Plusieurs personnes pointent la disparition de la piscidia et de l’alcool comme explication probable. L’alcool à 40 % facilitait l’extraction et la biodisponibilité des principes actifs – un argument que les professionnels de la phytothérapie confirment régulièrement. La version aqueuse modifie mécaniquement le profil d’absorption.
Sur la nouvelle formule, les retours sont plus partagés. Une partie des utilisateurs se dit satisfaite, notamment ceux qui ne toléraient pas l’alcool de l’ancienne version. D’autres estiment que l’effet drainant est moins prononcé et que la cure doit être prolongée pour obtenir un résultat comparable.
Depuis 2024, un autre problème s’est ajouté : les ruptures de stock se sont multipliées en pharmacie. Beaucoup de lecteurs témoignent avoir dû faire plusieurs pharmacies avant de trouver le produit, ou se rabattre sur les ventes en ligne avec des délais de livraison de plusieurs semaines. Cette instabilité de l’approvisionnement a renforcé la frustration vis-à-vis du changement de formule.
Quel remplaçant quand Schoum est introuvable en pharmacie?
Si vous vous retrouvez face à un rayon vide, plusieurs pistes concrètes s’offrent à vous. La priorité est d’identifier quelles plantes vous cherchez à retrouver : fumeterre, bugrane, bardane ou chicorée ont chacune leurs équivalents dans d’autres gammes.
- Fumeterre seule ou associée : Arkogélules Fumeterre (Arkopharma), gélules de fumeterre standardisées en herboristerie – la plante est bien documentée pour son action sur le confort hépatique et la digestion des graisses.
- Complexes « foie et digestion » : Hépabiane (Pileje), Desmodium Advance (Naturactive), ou encore les gammes Boiron à base de chardon-marie pour une approche différente mais cohérente.
- Conseil officinal : votre pharmacien connaît les équivalents disponibles dans son stock. Présentez-lui les plantes actives que vous recherchez plutôt que le nom de marque – vous obtiendrez une réponse plus précise et adaptée à votre situation.
La fumeterre reste la plante la plus documentée dans cette famille d’action. Elle figure dans la pharmacopée européenne et plusieurs laboratoires la commercialisent sous forme standardisée, ce qui garantit une concentration en principes actifs reproductible d’un lot à l’autre.
Un produit né en 1926, qui a traversé presque un siècle sous la même étiquette, méritait mieux qu’une disparition silencieuse causée par une ligne de budget réglementaire. Ce qui reste, c’est une formule retravaillée et des plantes dont l’usage, lui, n’a pas pris une ride.