Une plateforme qui vous promet de trouver un appartement sans payer de frais d’agence – l’argument est séduisant. Mais quand vous lisez les avis GoHome sur Trustpilot, la note de 2,9/5 refroidit aussitôt l’enthousiasme. Avant de sortir votre carte bancaire pour 24,90 € par mois, voici ce que les données disponibles révèlent vraiment sur go-home.fr.
GoHome, c’est quoi exactement?
GoHome est une plateforme numérique de mise en relation entre propriétaires et locataires, accessible via le site go-home.fr. Le principe : vous créez un profil locataire complet, et ce profil devient votre candidature auprès de propriétaires qui publient leurs annonces sur la plateforme. Pas d’agence intermédiaire, pas d’agent immobilier qui collecte des honoraires – la transaction se noue directement entre les deux parties.
Le modèle repose sur un renversement de logique par rapport aux plateformes classiques. Chez GoHome, ce sont les propriétaires qui sélectionnent leurs locataires, et non l’inverse. Vous postulez à des logements, le bailleur consulte votre profil et décide de vous recontacter ou non. Ce fonctionnement s’apparente davantage à un site de recrutement qu’à un portail d’annonces immobilières traditionnel.
Le site est édité par la société SAMLEV Invest, telle qu’elle figure dans les mentions légales de go-home.fr. C’est l’unique information publique disponible sur l’entité qui opère la plateforme – un point sur lequel nous reviendrons, car plusieurs vérifications indépendantes soulèvent des questions sur la réalité de cette société.
Comment fonctionne l’abonnement GoHome?
Accéder aux annonces et postuler n’est pas gratuit. GoHome fonctionne sur un modèle d’abonnement mensuel fixé à 24,90 € par mois, sans engagement de durée. Vous pouvez théoriquement résilier à la fin de n’importe quelle période mensuelle.
L’abonnement est plafonné : chaque mois, vous disposez d’un maximum de 8 candidatures. Une fois ce quota épuisé, vous ne pouvez plus postuler à de nouvelles annonces avant la réinitialisation du cycle mensuel. Ce plafond est une contrainte concrète, surtout dans les marchés tendus où vous avez besoin de postuler vite et en volume.
Plusieurs utilisateurs mentionnent sur Signal-Arnaques avoir été prélevés de 19,90 € par mois – un tarif historique qui semble avoir précédé la hausse à 24,90 €. Cela signifie que certains abonnés anciens ont pu bénéficier d’un tarif plus bas, sans que la plateforme communique clairement sur cette évolution tarifaire.
GoHome annonce par ailleurs un délai de réponse moyen de 7 jours de la part des propriétaires. Cet engagement figure dans leur communication commerciale, mais les avis d’utilisateurs racontent souvent une autre histoire, comme vous allez le voir.
GoHome est-il vraiment gratuit pour les locataires?

La promesse « sans frais d’agence » crée une confusion réelle. Techniquement, GoHome ne facture pas d’honoraires d’agence – mais la plateforme est loin d’être gratuite. Vous payez 24,90 € chaque mois pour y accéder. Sur trois mois de recherche, cela représente 74,70 €, ce qui reste bien en dessous d’un mois de loyer en honoraires d’agence dans une grande ville, mais c’est une dépense réelle à anticiper.
La distinction mérite d’être posée clairement : « sans frais d’agence » ne signifie pas « sans coût pour le locataire ». GoHome déplace simplement la nature de la dépense – d’un paiement unique lié à la signature du bail vers un abonnement mensuel récurrent.
Comparez avec les alternatives. SeLoger, Leboncoin, PAP ou Bien’ici permettent aux locataires de consulter les annonces et de contacter les propriétaires sans débourser le moindre euro. Ces plateformes financent leur modèle via les annonceurs (agences, promoteurs, propriétaires qui paient pour publier), pas via les locataires. La comparaison est brutale pour GoHome : vous payez pour un service que les concurrents offrent gratuitement, avec un catalogue d’annonces souvent plus large. La logique d’abonnement mensuel pour accéder à un service peut fonctionner quand l’offre est réellement différenciée – reste à savoir si c’est le cas ici.
Avis et retours d’utilisateurs sur GoHome
Les chiffres Trustpilot donnent le ton : 2,9/5 sur 67 avis, avec le dernier commentaire posté en mars 2026. Cette note se situe dans la zone « mauvais » selon l’échelle de la plateforme. Pour un service qui demande un abonnement mensuel, c’est un signal d’alarme difficile à ignorer.
Les griefs qui reviennent le plus souvent dans les avis négatifs portent sur trois points. Premier problème : le faible taux de réponse des propriétaires, estimé à environ 35 %. Cela signifie que sur 8 candidatures envoyées dans le mois, vous pouvez espérer recevoir moins de 3 réponses. Deuxième problème : des annonces dont la fraîcheur est contestée, certains utilisateurs signalant des logements déjà loués ou des propriétaires injoignables. Troisième problème : la difficulté à obtenir un remboursement ou une résiliation rapide.
Sur Signal-Arnaques, 8 signalements officiels ont été déposés à l’encontre de go-home.fr. Ces signalements mentionnent notamment des prélèvements qui continuent après une demande de désabonnement, et au moins un cas où l’adresse de siège social indiquée correspond à une société de domiciliation qui ne reconnaît pas connaître GoHome. Ce dernier point est particulièrement préoccupant d’un point de vue légal.
Les avis positifs existent – quelques utilisateurs rapportent avoir effectivement trouvé un logement via la plateforme. Mais ils restent minoritaires dans le corpus disponible, et plusieurs d’entre eux semblent dater des premières semaines d’existence du service, période où le catalogue d’annonces était peut-être plus actif.
GoHome : arnaque ou service fiable?
La question mérite une réponse nuancée, basée sur des données vérifiables. Le score de confiance Gridinsoft de 64/100 place GoHome dans une zone intermédiaire – ni clairement fiable, ni explicitement malveillant. C’est le genre de score qui correspond à un service récent, peu documenté, avec peu d’historique vérifiable.
Franceverif.fr est plus sévère. L’outil signale plusieurs signaux négatifs simultanément : création récente du domaine, expiration du nom de domaine proche, et absence de détails légaux accessibles et vérifiables. Ces indicateurs ne prouvent pas une escroquerie caractérisée, mais ils correspondent au profil de sites dont la pérennité est incertaine.
Le point le plus problématique reste celui de l’adresse de siège. Un utilisateur ayant tenté de vérifier l’existence physique de SAMLEV Invest à l’adresse indiquée dans les mentions légales rapporte que la société de domiciliation à cette adresse ne reconnaît pas GoHome parmi ses clients. Si ce fait est avéré, cela signifie que les mentions légales contiendraient une adresse fictive ou périmée – une infraction au Code de la consommation.
Les 8 signalements sur Signal-Arnaques restent un volume modéré (certains services clairement frauduleux en cumulent des centaines), mais combinés aux autres signaux, ils renforcent l’impression d’un service qui présente plus de risques que de garanties. Avant tout abonnement, vérifier la réalité juridique de SAMLEV Invest au Registre du Commerce s’avère plus que conseillé.
Comment se désabonner de GoHome?
La procédure de résiliation est simple sur le papier : vous envoyez un email à support@go-home.fr en demandant l’arrêt de votre abonnement. GoHome affirme que le support traite 100 % des demandes entrantes en moins de 24 heures, et que le désabonnement prend effet automatiquement à la fin de la période mensuelle en cours.
Deux points à retenir avant d’agir. D’abord, aucun remboursement partiel n’est prévu : si vous résiliez en milieu de mois, vous restez redevable de l’intégralité du mois commencé. Ensuite, plusieurs utilisateurs signalent sur Signal-Arnaques avoir continué à être prélevés après avoir envoyé leur demande de résiliation, ce qui suggère que la procédure ne fonctionne pas toujours aussi automatiquement que GoHome le prétend.
Si vous êtes dans cette situation, la démarche recommandée est d’envoyer votre email de résiliation en lettre recommandée électronique (via un service comme Maileva), de conserver la preuve de réception, et de contacter votre banque pour bloquer le prélèvement si les débits continuent au-delà de la période en cours. En cas de litige persistant, le dépôt d’un signalement auprès de la DGCCRF reste une option.
GoHome face à la concurrence : ce que les alternatives offrent gratuitement

Pour évaluer ce que vaut l’abonnement GoHome, il faut le comparer à ce qu’offrent les plateformes gratuites pour les locataires.
| Plateforme | Coût pour le locataire | Type d’annonces | Volume d’annonces |
|---|---|---|---|
| GoHome | 24,90 €/mois | Particuliers (sans agence) | Faible à modéré |
| SeLoger | Gratuit | Agences + particuliers | Très élevé |
| Leboncoin | Gratuit | Particuliers + agences | Très élevé |
| PAP (De Particulier à Particulier) | Gratuit (consultation) | Particuliers uniquement | Élevé |
| Bien’ici | Gratuit | Agences + particuliers | Élevé |
La comparaison est défavorable à GoHome sur presque tous les critères. PAP, en particulier, offre exactement la même promesse – des locations de particulier à particulier, sans frais d’agence – avec un catalogue d’annonces bien plus fourni, et sans abonnement pour le locataire. L’argument différenciant de GoHome résiderait dans le profil locataire structuré, censé rassurer les propriétaires. Mais avec un taux de réponse de 35 %, cet avantage reste difficile à quantifier concrètement.
GoHome vaut-il ses 24,90 € par mois au regard des résultats réels?
Faisons le calcul concret. Avec 8 candidatures par mois et un taux de réponse de 35 %, vous obtenez statistiquement 2 à 3 réponses de propriétaires par cycle mensuel. Chaque réponse vous revient donc à environ 8 à 12 €, sans garantie de visite ni de signature de bail. Sur deux mois de recherche – durée minimale réaliste dans les grandes agglomérations – la dépense atteint près de 50 €.
Le délai moyen de réponse annoncé est de 7 jours. Si ce chiffre correspond à la réalité, cela signifie qu’une candidature envoyée en début de mois peut générer une réponse en fin de deuxième semaine, laissant peu de temps pour organiser visites et dossier avant la prochaine réinitialisation du quota.
Pour quel profil GoHome peut-il malgré tout avoir un intérêt? Un locataire dont le dossier est atypique – travailleur indépendant, revenus irréguliers, ou profil qui peine à convaincre les agences traditionnelles – pourrait trouver un avantage dans le format « profil complet » de GoHome, qui permet de raconter une situation plus nuancée qu’un simple bulletin de salaire. La mise en relation directe avec le propriétaire, sans filtre d’un agent, peut laisser plus de place à la discussion.
Mais pour la majorité des locataires aux profils standards, les plateformes gratuites offrent un rapport résultat/effort bien supérieur. La lecture attentive des avis en ligne avant tout engagement financier reste le meilleur réflexe, quelle que soit la plateforme.
Au bout du compte, GoHome vend une promesse de marché (trouver un logement sans frais d’agence) que des concurrents gratuits tiennent depuis des années. Avec une note Trustpilot sous les 3/5, 8 signalements officiels et un taux de réponse de 35 %, payer 24,90 € par mois pour accéder à ce service revient à miser sur un résultat incertain avec une mise garantie, elle, chaque mois. C’est un pari que les chiffres disponibles conseillent de ne pas prendre à la légère – et pour lequel les plateformes numériques à abonnement doivent encore faire leurs preuves face aux alternatives établies.
Quand une plateforme vous demande de payer pour chercher un appartement, assurez-vous au moins qu’elle sait où se trouve son propre siège social.